La maladie coeliaque, un sujet traité à travers la Presse ou bien Internet : articles, sujets divers, liens.
08 avril 2016

إرشادات طبية

Je vais m'excuser encore une fois, chers amis pour mon silence qui dure... Désolée, mais je suis un peu occupée ailleurs. Je ne vais pas vous le cacher plus longtemps, je suis en cours d'ouvrir une nouvelle adresse, qui sera inchAllah mieux organisée et où les pubs seront moins envahissantes...

En attendant, et pour répondre aux questions de certain/es, voici l'émission "Irchadat Tibiya" de la télévision algérienne, et présentée par Hafida Rezig. Je ne connais pas les dates de diffusion, ni de celle des rediffusions. Mais tant qu'il y a le web :)

إرشادات طبية 31 - 03 -2016 / مرض سيلياك

Je n'ai pas encore eu le temps de voir toute l'émission, mais on me l'a signalée parce que le Professeur Benhassine qui est invitée ici, a parlé de mon blog. J'aimerais la saluer et la remercier, elle avec qui j'ai eu le plaisir de collaborer, pour une (maheureusement) très courte période au niveau du Ministère de la santé. En espérant une meilleure prise en charge de la maladie coeliaque et des malades chez nous. InchAllah.


21 janvier 2013

Le gluten, faut-il en avoir peur?

Ce documentaire a été diffusé sur la chaine de télévision française France 5, le dimanche 6 novembre 2011. 


intolérance au Gluten par Dailygratuit

Peut-être que la qualité de la vidéo n'est pas au top, ou peut-être que vous ne pouvez pas la visionner ici, alors je vous mets deux liens supplémentaires et différents.

Donc, voici un autre lien

Et un autre lien aussi

07 décembre 2011

Revue Saidal

J'aurais aimé vous poster ici-même, le document que m'a envoyé Karima en avril dernier (le temp passe vite). Non, je ne l'ai pas oublié Karima :-) et je t'en remercie sincèrement. Mais j'ai eu des difficultés techniques (je n'ai pas réussi à le convertir en image), et ce post a tardé à voir le jour...

Mais comme le dit notre proverbe local : "Koull 3ottla fiha khir", parce qu'en attendant j'ai trouvé la source du document, et la revue toute entière : Saidal, sur son site web met à la disposition des internautes, diverses publications.

Ce qui nous intéresse ici c'est leur numéro 8, entièrement consacré à la Maladie coeliaque. Avec en bonus la liste de leurs médicaments qui ne contiennent pas de Gluten. Je vous conseille d'aller vite le télécharger, parce qu'il risque de ne plus être disponible.

Revue_Saidal

Juste pour information, le téléchargement peut être difficile, ne désespérez pas, et prenez patience :-)

Posté par Oumelkheir à 08:39 - - Permalien [#]

02 avril 2009

L’intolérance au Gluten

Plus fréquente qu’on ne le pense, la maladie cœliaque ou intolérance au gluten constitue un vrai problème de santé publique.

La prise en charge des malades est à vie, ce qui pourrait faire de ces patients, psychologiquement et socialement, des exclus. Considérée à tort comme sporadique, ce qui signifie qu’elle ne pourrait atteindre que quelques individus, elle peut en revanche être plus souvent découverte, si les investigations sont correctes.

Quel est l’intérêt à présenter cette maladie ?

Les intérêts sont multiples : cette maladie est fréquemment vue au stade des complications qui peuvent engager le pronostic vital, notamment chez le nourrisson. Elle peut se manifester à n’importe quel âge ; nombreux sont les malades qui s’ignorent. Nombreux ceux qui la confondent avec une maladie banale du colon.

Qu’est-ce que l’intolérance au gluten ?

C’est une souffrance de l’intestin. Décrite déjà au IIe siècle grégorien, il faut attendre les années 1950 pour en connaître la cause, qui est le gluten dans l’alimentation. Le gluten est une protéine qui se trouve dans les farines des céréales : blé, seigle, orge et avoine. Ce sont des composés essentiels de l’alimentation de l’Algérien. Comment le malade sans information peut-il se soustraire à ces produits qui entrent dans sa consommation quotidienne (pain, pâtes, semoule, farines). Quel est le mécanisme qui déclenche la maladie ? Chez un individu sain, les aliments sont absorbés au niveau des intestins pour passer dans le sang. Dans la maladie cœliaque, au contact du gluten présent dans les aliments (blé, seigle, orge et avoine), il y a perte de l’architecture normale des intestins. Les composés apportés par l’alimentation sont peu ou pas absorbés. Ce phénomène serait dû à la présence d’anticorps que le malade fabrique et qu’il dirige contre lui-même.

Quels sont les symptômes de la maladie ?

Ils peuvent aller d’une simple gêne abdominale à des diarrhées importantes parfois graves, particulièrement chez le nourrisson et le jeune enfant. Chez l’adulte, ce sont des épisodes de diarrhées ou de constipations qui peuvent simuler une colopathie ramenée à tort au stress ou à des erreurs de régime. C’est le cas de plusieurs de nos compatriotes. A cela peut s’ajouter une intolérance au lait (l’individu ne supporte pas le lait), car la substance qui permet de transformer ce lait, c’est-à-dire le métaboliser, c’est la lactase présente dans un intestin sain. Elle est absente dans un intestin lésé comme dans le cas de la maladie cœliaque. Comment établir le diagnostic ? Tout à fait accessible chez nous, par l’intermédiaire d’une fibroscopie gastrique. Elle va permettre de prélever par biopsie un petit fragment du duodénum (1re partie de l’intestin qui fait suite à l’estomac). Si le malade continue à s’ignorer ou si le diagnostic n’est pas posé, le malade court des risques qui peuvent le conduire à un certain degré d’invalidité physique, à savoir la fatigue extrême, l’anémie, les infections, la décalcification des os...

Quelle est la solution ?

Pas si simple, car le régime sans gluten doit être poursuivi à vie. Toute alimentation à base de blé, de seigle, d’avoine et d’orge doit être proscrite. Ces céréales doivent être remplacées par du riz, du maïs, du soja. Riz, maïs et soja ne font pas partie de nos traditions culinaires, mais il y a un apprentissage à tout. Ces céréales devraient faire partie de notre quotidien. Avec le riz, le maïs et le soja, on peut préparer du pain, des pâtes, des biscuits, viennoiseries, gourmandises...

Comment y parvenir ?

Par l’information (médias, corps médical...). Par la production de produits alimentaires étiquetés correctement et lisiblement avec la mention « Présence ou absence de gluten », cette mention faisant l’objet d’une loi. Cette loi permettra de protéger des citoyens atteints de maladie coeliaque. La production d’aliments sans gluten existe dans notre pays, mais elle est timide. Cette production doit être soutenue par les pouvoirs publics. Les farines sans gluten importées restent onéreuses. Il faut penser à soulager la facture du médicament, car les complications liées à la maladie nécessitent des prises en charge répétées et coûteuses. Il faut encourager les rencontres scientifiques, les ateliers culinaires et les dégustations des produits sans gluten à l’occasion des foires alimentaires. Il faut aussi réglementer sévèrement la multiplication anarchique des fast-foods et des gargotes qui ne sont pas des sanctuaires de la diététique.

Par Dr Zerouala Mohammed Tahar sur El Watan du 18 janvier 2009

Posté par Oumelkheir à 09:40 - - Permalien [#]

31 mars 2009

Dr Nani, maître assistant en gastro-entérologie : «Le régime sans triche»

La maladie cœliaque est une entéropathie auto-immune déclenchée par l’ingestion du gluten chez des sujets génétiquement prédisposés. Tantôt invalidante, tantôt asymptomatique, elle doit être, selon le cas, diagnostiquée ou dépistée afin d’éviter les complications qui entraînent un accroissement de la morbidité et de la mortalité.

Pour le moment, on ne peut avancer des chiffres exacts concernant la fréquence de la maladie en Algérie, mais cela dépasse les 500.000. Il n’y a pas de système de collecte d’informations spécifiques à ce type de maladie. Par contre, le nombre d’intolérants au gluten est en nette augmentation, et bien qu’elle soit souvent non identifiée, la maladie cœliaque évolue considérablement dans notre pays.
Nous sommes au sommet de l’iceberg. Mais avec l’avènement des marqueurs cœliaques (anticorps-antigliadine, anticorps-antitransglutaminose, anticorps-endomysium), on peut diagnostiquer des formes beaucoup moins expressives. Le deuxième élément qui permet de diagnostiquer la maladie consiste en des biopsies intestinales par le biais de l’endoscopie. Dr Nani, maître assistant en gastro-entérologie, nous explique ce qu’il faut savoir sur cette maladie.

Dr Nani, à quoi est due la maladie cœliaque ?
La maladie cœliaque n’a pas une étiologie précise, elle est multifactorielle. Il existe un facteur toxique qui est le gluten présent dans les céréales (blé, orge, avoine…), et une prédisposition génétique.

Peut-on incriminer dans sa survenue l’introduction précoce (avant l’âge de six mois) du gluten ou l’absence de l’allaitement maternel ? Est-ce que l’introduction tardive du gluten diminuera-t-elle le risque de son apparition ?
On ne peut pas les incriminer directement dans la survenue de cette maladie mais ces facteurs peuvent peut-être révéler une maladie cœliaque latente. Et puisque on ne peut pas déterminer les enfants prédisposés, on évite systématiquement l’introduction du gluten avant l’âge de six mois.

Peut-on parler d’hérédité ?
On parle plutôt de prédisposition génétique, l’enfant dont les parents ou les frères sont atteints de cette maladie ayant plus de chance de la développer.

Pourquoi des produits en apparence ne contenant pas de céréales comme les conserves, les chocolats…sont-ils interdits aux malades ?
Les produits industrialisés et de conserve contiennent souvent des farines à base de gluten, donc il faut se méfier et se renseigner avant de consommer n’importe quel aliment.

Est-ce que les produits sans gluten qu’on retrouve sur le marché sont sûrs pour les malades ?
Ce sont généralement des produits d’importation soumis à un contrôle par des laboratoires spécialisés. Actuellement, des farines sans gluten sont fabriquées en Algérie.

Quels sont les conseils que vous pourriez donner aux personnes atteintes de cette maladie chronique ?
Pour les enfants, la responsabilité revient aux parents qui doivent surveiller leurs enfants et les sensibiliser pour qu’ils ne trichent pas sur le régime. Il faut préciser que le régime permet d’éviter beaucoup de complications comme le retard staturo-pondéral, le retard pubertaire qui peuvent avoir des retentissements psychologique et social sur l’enfant malade.
Pour les adultes, le régime doit être maintenu à vie, il est qualitatif et non quantitatif, c'est-à-dire qu’il ne faut pas tricher. Le malade ne doit pas manger des aliments interdits même lors des fêtes ou occasions car une prise de gluten même faible peut faire perdre le bénéfice d’une année de régime.
Les prises répétées de gluten entraînent une résistance au régime (la maladie ne répond plus au régime), là on parlera de maladie réfractaire et puis qu’on n’a pas de traitement, la prise en charge de ces malades est très difficile. Tout aliment suspect, doit être évité. Il faut demander conseil au médecin traitant. Les bénéfices du régime sont plus importants que le plaisir de manger des aliments avec gluten : plus de diarrhées, plus d’anémie, plus d’avortements, avoir des enfants après une stérilité… quoi de plus magnifique ! Le régime est difficile la première année mais dès que le malade constate les résultats, il est encouragé et continue à le suivre.

Entretien réalisé par Lamia Baïche dans Horizons du 19 février 2009

Posté par Oumelkheir à 09:34 - - Permalien [#]

08 juillet 2008

Place aux produits algériens

Ces produits seront fabriqués selon les normes européennes par la nouvelle usine exclusivement destinée à répondre aux besoins des cœliaques avec une moyenne annuelle de 6 kg /malade. Cette chaîne de production sera réalisée en partenariat technologique avec un constructeur italien de renommée internationale, dont l’expérience est étroitement liée au développement de la manufacture italienne dans un secteur qui totalise le tiers de la valeur ajoutée du secteur industriel du pays.

Un autre partenaire, spécialisé dans les pâtes et autres produits sans gluten a, quant à lui, été sollicité pour apporter son savoir-faire dans ce type de produits. Ainsi, plus de 500 000 cœliaques astreints au régime sans gluten n’auront plus à recourir aux coûteux produits d’importation ou autres fabriqués localement et à la qualité souvent non appréciée par les malades. Si ce créneau des pâtes sans gluten a fait l’objet d’une attention particulière des industriels, c’est parce que celles-ci sont considérées comme produits de bataille, fortement sollicitées par le consommateur algérien, dont les cœliaques. A ce sujet, A. Fridjat, initiateur du projet et co-gérant de la Sarl Mahbouba, dira : « Nous avons estimé utile d’offrir à cette catégorie de malades un produit de substitution de qualité qui préserve le goût habituel des pâtes traditionnelles, mais qui est dépourvues du danger que celles-ci constituent pour les cœliaques ».

Ces derniers souffrent, explique notre interlocuteur, du syndrome de mal absorption intestinale liée à l’intolérance au gluten affectant surtout la portion proximale de l’intestin grêle. La maladie régresse sous le régime sans gluten et réapparaît dès la réintroduction de celui-ci. En sa qualité de pharmacien de formation et premier importateur exclusif des produits sans gluten, M. Fridjat précisera : « Le principe de ce régime repose sur la suppression totale et définitive des aliments à base de blé, seigle et orge. Il concerne entre autres le blé, la farine, le pain de toutes sortes, biscuits salés et sucrés, pâtes, semoule, pâtisseries et certaines crèmes glacées. Il concerne également quelques produits médicamenteux. » Ceux-ci, reconnaît-il, sont certes cédés à des prix élevés, mais l’absence de risques y est incontestable.

« Le régime sans gluten est financièrement et psychologiquement handicapant, car son application est très difficile de par la présence de gluten dans de nombreux aliments ou produits alimentaires ; les produits que nous importons à hauteur d’une moyenne de plus de 20 t/an sont exempts de tous les risques », a-t-il assuré. Pour se prémunir du danger, il appelle les malades adultes et les parents d’enfants malades à apprendre à repérer la présence de gluten à travers la lecture approfondie des étiquetages. Il les exhorte également à penser à créer des associations, car, une fois mises en places, ces dernières pourront peser de leur poids à l’effet d’engager une réflexion autour de la prise en charge de cette maladie par la sécurité sociale, à l’instar des autres maladies chroniques. Interrogé sur le nombre de malades cœliaques en Algérie, notre interlocuteur précisera que c’est vers la fin des années 1970 que cette pathologie a été révélée. Bien qu’elle soit de plus en plus fréquente, elle est largement sous-diagnostiquée, puisque des milliers de malades ne sont toujours pas identifiés.

Sa prévalence serait actuellement estimée à 1/500 naissances soit la moyenne établie en Afrique du Nord. Au plan épidémiologique, il considère que l’incidence de la maladie cœliaque varie en fonction de l’origine ethnique ou géographique. Pour ce qui est de son mécanisme, M. Fridjat fera savoir que « le mécanisme précis de la toxicité de la gliadine n’est pas complètement élucidé. De récents travaux de recherches penchent pour une origine immunologique de la maladie cœliaque avec des facteurs de susceptibilité génétique (liés au système HLA) et des facteurs environnementaux ». En tant qu’intervenant direct sur le marché des produits sans gluten en Algérie, scientifique et proche parent de malades cœliaques, cet industriel indique que la maladie se répand de plus en plus, et ce, depuis une dizaine d’années.

C’est pourquoi, il préconise la création et la multiplication d’associations des personnes intolérantes au gluten. En outre, ajoutera-t-il : « Ces associations peuvent aider à œuvrer dans la mesure où elles lanceraient des études plus poussées et approfondies de la maladie dans notre pays. Le but serait de mieux connaître sa fréquence exacte, comprendre ses mécanismes fondamentaux et sa génétique, pour améliorer son diagnostic, son dépistage, et enfin sa prise en charge ».

Par N. Benouaret dans El Watan du 08 juin 2008

Posté par Oumelkheir à 17:17 - - Permalien [#]

Les parents sont pénalisés

Pour Ahmed Bouakadia, le régime sans gluten est contraignant, coûteux et socialement handicapant. En théorie, ce régime est simple mais en pratique, son application est très difficile car le gluten est présent dans de nombreux aliments et produits alimentaires.

Laissons-le parler. « C’est à l’âge de 4 ans que ma fille Myriam a présenté les premiers symptômes (des vomissements et des diarrhées répétitives). Elle était chétive, de petite de taille et avait un teint anémié. Une fois un médecin des maladies digestives consulté, on avait suspecté la maladie cœliaque. Les résultats des analyses sanguines et la biopsie intestinale étaient positifs. Lorsqu’on m’avait informé de l’origine génétique de la maladie, j’ai aussitôt pensé à sa sœur Imane de 9 ans. Malgré l’absence de tout symptômes de la maladie et après analyses et biopsie, elle s’est avérée être atteinte de la même maladie que sa sœur. Depuis, toutes les deux sont soumises à un régime sans gluten. C’est très contraignant et doublement pénalisant d’avoir deux enfants cœliaques au plan économique pour nous les parents, et psychologique pour nos enfants malades. Au moment de la déclaration de la maladie il y a une dizaine d’années, j’achetais le kilo de pâtes à 1700 DA, 300 g de farine sans gluten à plus de 500 DA pour faire du pain et quelques gâteaux. Pour les gâteaux et autres friandises sans gluten, je réussissais à les avoir de France au prix de 800 anciens francs français, puisque non pas disponibles sur le marché local. En somme, il y a une dizaine d’années, le régime sans gluten me revenait à plus de 5000 DA /enfant/mois. Aujourd’hui que quelques produits sans gluten sont fabriqués en Algérie, les besoins nutritionnels d’un enfant cœliaque sont un pain sans gluten pour 20 DA, à raison de deux baguettes/jour, une moyenne de 6 kg de pâtes locales (souvent de mauvaise qualité) à raison de 1000 DA/mois, 4 boîtes de farine sans gluten/mois au prix de 300 DA/boîte. Cela est le strict nécessaire. S’il m’arrive de penser au gâteau d’anniversaire, ce sont plus de 6000 DA que je dois débourser. En tant que chauffeur de taxi, j’arrive tant bien que mal à assurer à mes deux filles ce dont elles ont besoin. Qu’en est il des parents socialement démunis ? La petite Myriam, qui a aujourd’hui 15 ans, est toujours sous régime. Pour sa sœur Imane, sa maladie a presque disparu. Ma femme et moi faisons tout pour qu’elles ne se sentent pas différentes des autres enfants de leur âge. Il faut dire qu’au plan psychologique, la maladie les a rendues très vulnérables. J’interpelle les parents d’enfants cœliaques à s’unir pour créer une association dont le but serait de sensibiliser les pouvoirs publics, à l’effet d’engager une réflexion autour de la prise en charge des malades cœliaques par la Sécurité sociale. »

Par N. Benouaret dans El Watan du 08 juin 2008

Posté par Oumelkheir à 17:11 - - Permalien [#]

Rachid Berrezag. Spécialiste des maladies de l’appareil digestif

« Nous sommes sur le sommet de l’iceberg »

Pouvez-vous nous définir ce qu’est la maladie cœliaque ?

La maladie cœliaque est une entéropathie auto-immune déclenchée par l’ingestion du gluten chez des sujets génétiquement prédisposés. Tantôt invalidante, tantôt asymptomatique, elle doit être, selon le cas, diagnostiquée ou dépistée afin d’éviter les complications qui, dans un cas comme dans l’autre, entraînent un accroissement de la morbidité et de la mortalité.

Peut-on connaître le nombre de malades cœliaques en Algérie ?

Pour le moment, on ne peut avancer des chiffres exacts concernant la fréquence de la maladie en Algérie, mais cela dépasse les 500 000. Il n’y a pas de système de collecte d’informations spécifiques à ce type de maladie. Par contre, je peux affirmer que le nombre d’intolérants au gluten est en nette augmentation, et bien qu’elle soit souvent non identifiée, la maladie cœliaque évolue considérablement dans notre pays. Nous sommes au sommet de l’iceberg. Mais avec l’avènement des marqueurs cœliaques (anticorps-antigliadine, anticorps-antitransglutaminose, anticorps-endomysium), on peut diagnostiquer des formes beaucoup moins expressives (des formes frustrées, latentes et même potentielles). Le deuxième élément qui permet de diagnostiquer la maladie consiste en des biopsies intestinales par le biais de l’endoscopie.

Serait-elle d’origine génétique ?

Concernant son origine, nous pouvons affirmer l’existence de traits génétiques associés à la maladie. Nous ne pouvons avancer son caractère héréditaire. Mais si on n’arrive pas actuellement à déterminer sur le plan scientifique la nature génétique exacte de la maladie, l’on décrit toutefois des agrégations familiales qui laissent à penser qu’il y a un mécanisme génétique.

On pense souvent que les complications sont parfois les seuls signes d’appel. Qu’en est-il au juste ?

La maladie cœliaque peut rester asymptomatique pendant des années tout en exposant insidieusement les malades aux risques de complications. De récentes études ont fait ressortir que dans plusieurs pays, dont l’Algérie, environ 9 malades sur 10 ne sont toujours pas identifiés. Parfois dues aux carences, parfois dues aux cytokines produites par des réactions immunitaires inappropriées, parfois encore inexpliquées, elles peuvent toucher différentes sphères. Le retard statural et/ou pondéral chez l’enfant, la petite taille chez l’adulte, un état de dénutrition, une ostéoporose (présente chez 28% des cœliaques au moment du diagnostic) avec ou sans fractures pathologiques, une hypoplasie de l’émail dentaire, s’expliquent par la malabsorption. Les complications neurologiques concerneraient 5 à 10% des cas et comprennent l’épilepsie avec des calcifications cérébrales (maladie cœliaque dans 50 à 80%), l’ataxie (maladie cœliaque présente dans 13 à 16%), les myopathies, les neuropathies périphériques, la démence, des leuco-encéphalopathies multifocales progressives. Les troubles psychiatriques, déjà cités dans les symptômes, comprennent la dépression pouvant mener aux tentatives de suicide, mais également la schizophrénie (11). Enfin, les cancers gastro-intestinaux comprennent l’adénocarcinome mais, surtout, le redoutable lymphome non hodgkinien à cellules T, dont le risque est multiplié par six.

Existe-t-il des médicaments spécifiques à son traitement ?

Pour l’instant, la cœliaquie ne nécessite pas de médication. Le seul traitement efficace à ce jour consiste à supprimer totalement et définitivement le gluten de l’alimentation. Une consultation chez un diététicien s’impose au moins pour le démarrage du régime. Ce régime est très contraignant au plan économique pour l’environnement familial et au plan psychologique pour le malade cœliaque, car l’adhésion à un régime est souvent difficilement acceptée. C’est là que peuvent intervenir les associations de patients. Ces associations constituent une aide précieuse pour les malades et leurs familles. C’est d’ailleurs ce à quoi nous sommes en train d’œuvrer. Je peux toutefois affirmer qu’il existe des voies balbutiantes pour mettre au point un médicament destiné au traitement de cette maladie pour éviter aux malades son contraignant poids financier. C’est au stade très avancé de la recherche.

Par N. Benouaret dans El Watan du 08 juin 2008

Posté par Oumelkheir à 16:49 - - Permalien [#]